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Thérapie systémique : définition, principes et fonctionnement
La thérapie systémique, autrement appelée psychothérapie systémique, considère l’individu au centre d’un système, dont les déséquilibres impactent son bien-être. Le thérapeute prend en compte les contextes personnel, professionnel et social dans lesquels il évolue. Particulièrement appliquée lors de thérapies de couples ou familiales, cette méthode thérapeutique propose une lecture élargie des difficultés rencontrées pour créer un nouvel équilibre plus épanouissant à son (ou ses) consultant(s).
Elle s’appuie sur une conception cybernétique et interactionnelle du comportement humain : tout comportement s’inscrit dans un réseau de communications, avec des rétroactions (feedbacks) qui peuvent renforcer ou inhiber certains fonctionnements.
Laissez-nous vous expliquer en détail ce qu’est la thérapie systémique et les principes sur lesquels elle repose, à qui elle s’adresse et ce que son usage peut vous apporter.
Tout savoir sur la thérapie systémique
Accueil > Thérapie systémique
Temps de lecture : 30 minutes
Qu'est-ce que la thérapie systémique ?
Définition simple de la thérapie systémique
Elle se place dans une approche psychothérapeutique. Plutôt que de se concentrer sur un individu isolé, elle met en lumière les liens et interactions qu’il entretient avec son entourage, qu’il s’agisse de sa famille, son ou sa partenaire, ses collègues ou dans tout autre groupe.
La systémie part du principe que les difficultés personnelles sont souvent liées à un déséquilibre ou à des tensions dans le système relationnel auquel la personne appartient. Le but de cette thérapie est donc de comprendre les enjeux cachés derrière les dynamiques du système pour favoriser un changement positif plus durable.
La thérapie systémique fait partie de la famille des thérapies brèves, au même titre que l’hypnose, l’EFT ou l’EMDR. Elle se révèle efficace rapidement, en quelques séances, avec un objectif concret défini au lancement de l’accompagnement. Plutôt que d’analyser longuement la vie du consultant, elle cherche à identifier et à débloquer les nœuds relationnels qui freinent son épanouissement.
Une approche systémique des relations humaines
Contrairement à une thérapie individuelle centrée sur l’histoire personnelle, elle explore les schémas de communication et d’interaction qui alimentent ou entretiennent le problème. Elle interroge son environnement dans le processus de maintien du dysfonctionnement.
Par exemple, dans une famille où un adolescent montre des signes de mal-être, la thérapie systémique ne s’intéresse pas simplement à ce jeune. Elle prend en considération les discours, réactions et postures des parents. Personne n’a tort, ni raison. Chacun contribue simplement à un équilibre qui ne fonctionne plus.
Cette approche est particulièrement efficace dans des situations comme :
- Des conflits familiaux.
- Des difficultés de couples.
- Des troubles du comportement chez l’enfant ou l’adolescent.
- Des tensions en milieu professionnel.
- Etc.
Les origines de la thérapie systémique
La pensée systémique n’est pas née d’un seul courant, mais du croisement de plusieurs disciplines : biologie, communication, anthropologie… Elle a profondément transformé le regard porté sur les souffrances psychologiques. On passe d’une vision centrée sur l’individu à une approche élargie intégrant ses relations et interactions.
Voici une rétrospective des piliers théoriques qui ont mené à son émergence :
Des années 1920 aux années 1950 : la théorie des systèmes et la cybernétique
Dès 1925, le psychologue et biologiste Ludwig von Bertalanffy conceptualise la théorie générale des systèmes. Il commence à percevoir les êtres vivants comme des systèmes, existant dans d’autres systèmes ayant leur logique propre. Si un changement s’opère dans une de ses parties, elle en affecte l’ensemble.
Puis à partir des 1940, la cybernétique se développe grâce à des chercheurs comme Norbert Wiener. Son principe se fonde notamment sur la boucle de rétroaction, c’est-à-dire qu’une action produit une réaction qui modifie le système initial.
Dans les années 1950 : Gregory Bateson, un tournant dans la pensée systémique
L’anthropologue britannique Gregory Bateson s’empare de ces théories pour les étendre au comportement humain.
Après avoir monté un projet réunissant plusieurs collaborateurs (les jeunes chercheurs John H. Weakland, Jay Haley, William Fry puis, le psychiatre Don D. Jackson), il observe notamment des paradoxes de communications dans des familles de schizophrènes, et introduit de nouveaux concepts clés comme :
- La double contrainte (double bind) : transmission de 2 messages contradictoires, qui piègent l’autre dans l’impossibilité d’agir sans faute. Par exemple, une mère demande à son enfant un câlin avec un langage corporel exprimant le rejet. L’enfant se retrouve alors en difficulté. S’il répond à la demande, il prend le risque de décevoir sa mère. S’il n’y répond pas, il n’obéit pas.
- La communication analogique et digitale : ce que l’on dit face à la manière dont on le dit.
- L’idée qu’un symptôme chez l’individu peut être une réponse logique à une dynamique relationnelle dysfonctionnelle.
Ses travaux posent les fondements de la thérapie systémique et du courant de pensée de l’école de Palo Alto.
Dans les années 1960 : l’école de Palo Alto et la thérapie systémique
Après avoir publié un article « vers une théorie de la schizophrénie » sous l’impulsion du Dr Jackson, les travaux menés par Bateson et son équipe se poursuivent. Le projet s’oriente alors vers l’application des hypothèses émises au domaine de la psychothérapie. Bateson reste prudent, préférant la posture d’anthropologue à celle de clinicien. Le Dr Don D. Jackson lui propose tout de même d’intégrer son projet sur les paradoxes aux activités menées par le Mental Research Institute (MRI), qu’il vient de fonder. Cependant, Bateson décline sa proposition. Par la suite, cet institut va développer la thérapie systémique telle qu’on la connaît aujourd’hui.
L'intérêt de la thérapie systémique
Favorisation du changement au niveau du système
Le travail du thérapeute consiste à identifier ce qui, dans les relations entre les membres du système, alimente et entretient le problème.
Prenons un exemple : une famille consulte car leur adolescent vit une crise. Les parents se sentent impuissants face à lui. Plutôt que de se concentrer uniquement sur lui, le thérapeute observe les rôles familiaux, les attentes implicites et les non-dits. En modifiant la manière de communiquer et en réattribuant les rôles, il introduit un effet domino positif qui amène le système à retrouver un équilibre fonctionnel.
Responsabilisation des membres du système
La thérapie systémique partage la responsabilité entre les différents membres. Chacun explore sa propre contribution au problème et expérimente de nouveaux comportements relationnels pour mesurer leur impact sur le groupe. Cette dynamique redonne du pouvoir d’agir à chaque personne et soutient la transformation collective.
Décentrage le symptôme
L’un des apports fondamentaux de l’approche systémique est de ne pas considérer les troubles psychiques comme une maladie strictement intrapsychique, mais comme des manifestations d’un déséquilibre ou d’une tentative de régulation dans un système relationnel. Le symptôme devient ainsi un messager, un signal d’alarme dans une dynamique collective, et non un défaut personnel.
Une approche non pathologisante
Dans cette perspective, il ne s’agit ni de diagnostiquer un “coupable”, ni de pointer un dysfonctionnement individuel, mais de comprendre les logiques relationnelles qui maintiennent le problème. Cela permet d’aborder la souffrance avec moins de stigmatisation et davantage de curiosité thérapeutique. Le focus se déplace des individus vers les interactions.
Une efficacité reconnue en situation de crise
Dans des contextes de rupture, de conflit, de violence intrafamiliale ou encore en psychiatrie institutionnelle, cette approche est précieuse. Elle permet d’agir rapidement sur les dynamiques interactionnelles qui alimentent la souffrance ou la désorganisation. Elle offre des outils clairs pour restructurer les communications et désamorcer les escalades émotionnelles.
Une pertinence transdiagnostique
La thérapie systémique ne s’adresse pas à un seul type de trouble. Elle est transversale : utile dans les cas de dépression, d’anxiété, de troubles des conduites alimentaires, d’addictions, ou encore dans les situations de deuil, de traumatisme ou de déscolarisation. Elle cible les processus interactionnels sous-jacents plutôt que les étiquettes diagnostiques, ce qui lui confère une portée large et complémentaire à d’autres approches.
Les bénéfices de la thérapie systémique
Résolution du conflit et amélioration de la communication
La thérapie systémique aide à identifier les malentendus persistants, les positions de chacun dans le système et les loyautés invisibles qui empêchent le dialogue. Par l’observation, le thérapeute permet aux membres du groupe (couple, famille, équipe…) de nommer les non-dits, de repérer les messages paradoxaux mais aussi de mettre en évidence les rôles relationnels figés qui entretiennent le conflit.
Par exemple, dans un couple, si l’un adopte toujours une posture critique et l’autre se place sur la défensive, le thérapeute décryptera ce schéma répétitif pour permettre de désamorcer la situation consciemment. Son rôle consiste à favoriser une communication relationnelle plus fonctionnelle. Il agit comme un tiers neutre pour soutenir la désescalade des tensions, des prises de parole dans un cadre bienveillant et à aider à restructurer les échanges dans une logique de coopération, plutôt que d’opposition. Ainsi, le système ne s’enferme pas dans des accusations réciproques et reconstruit un dialogue ouvert, plus respectueux. Chacun individu qui le compose se comprend mieux.
Vision élargie des problèmes et des solutions
La thérapie systémique invite à voir le symptôme comme un signal collectif plutôt qu’un problème individuel. Par exemple, un enfant agité peut refléter un déséquilibre familial (conflit parental, manque de repères…). On se situe donc dans une logique circulaire où les membres du système s’influence tous entre eux et co-construise le problème rencontré. Cette approche permet de mieux mobiliser les ressources du groupe pour trouver des solutions durables.
Gestion des crises : parentalité, cohésion d'équipe...
La thérapie systémique devient donc un outil formidable pour résoudre vos problématiques de famille, entre collègues ou autre contexte de crise. Voici quelques exemples :
- Dans le cadre familial : aider les parents à ajuster leurs rôles et à retrouver une place structurante. Dans le cas d’un enfant en échec scolaire, elle peut explorer les tensions entre les parents, les attentes implicites et les rivalités avec la fratrie.
- En situation de crise (conflit intense, séparation, deuil…) : offrir un espace d’expression pour restaurer un nouvel équilibre. Par exemple, si un couple consulte pour un des conflits après l’arrivée d’un bébé, la thérapie systémique peut mettre au jour les tensions autour de la parentalité et les blocages émotionnels liés aux histoires familiales de chacun.
- Dans le cadre de la cohésion d’un groupe : fluidifier la communication et instaurer de nouvelles règles de collaboration. Elle remet du sens dans les liens. Ce qui permet de mieux faire face à de potentielles tensions.
Sur quoi repose la thérapie systémique ?
Principes fondamentaux.
L'individu au sein d'un système
En thérapie systémique, chaque membre d’un système adopte, consciemment ou non, un rôle relationnel fonctionnel ou dysfonctionnel. La source d’un problème peut venir de rôles considérés comme « rigides », c’est-à-dire que des individus s’y enferment et bloquent toute possibilité de changement. Il peut s’agir d’un rôle mal ajusté. Par exemple, un enfant peut se retrouver à endosser le rôle d’un parent absent, ce qui génère stress, confusion et conflits.
La systémie repose également sur un principe d’alliance, soit une relation de soutien et de solidarité entre deux membres. Cette alliance peut être protectrice, comme dans une coparentalité unie, mais aussi devenir source de conflits lorsqu’elle se transforme en coalition contre un autre membre du système.
La circularité des relations
Chaque parole ou geste déclenche une réponse qui influence à son tour le comportement initial. C’est la logique de la rétroaction, principe fondateur de l’approche systémique. Ainsi, chacun réagit à l’autre et, sans le vouloir, peut renforcer le problème. Prenons un exemple : un enfant refuse de dormir. Ses parents s’inquiètent, insistent et l’enfant résiste davantage en réponse à la tension générée. Les parents s’épuisent, se fâchent. On se place dans une rétroaction positive qui amplifie le problème. À l’inverse, une rétroaction négative (autorité posée et apaisante) peut stabiliser le système. La thérapie systémique ne cherche pas un responsable mais décortique la manière réagir de l’ensemble du système face à un événement.
Le symptôme : expression d'un dysfonctionnement relationnel
Le problème peut s’exprimer par l’intermédiaire de la souffrance ou du trouble d’un même individu, sans qu’il en soit lui-même à l’origine. On peut voir ce symptôme comme :
- Un signal d’alarme qui met en évidence que quelque chose ne fonctionne plus.
- Une tentative de régulation, parfois inconsciente, pour maintenir une cohésion à tout prix même si elle devenue toxique.
Cette lecture du problème permet de voir le système comme un lieu de transformation plutôt que de réduire le problème à une personne. Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas agir sur les souffrances individuelles mais qu’il faut les replacer dans un contexte relationnel plus large.
Comment fonctionne une thérapie systémique ?
Techniques et outils
Observation des interactions et reformulation
Le thérapeute ne limite pas son écoute à ce qui est dit, il porte aussi une attention particulière au ton employé pour s’exprimer, à la posture et au non-verbal. Chaque silence ou regards échangés dispose de son importance. De plus, il observe à qui le message s’adresse réellement : le destinataire réel, un tiers implicite ? Ainsi, il saisit plus finement le contexte relationnel dans lequel le discours prend tout son sens ainsi que la dynamique à l’œuvre.
Pour favoriser la prise de conscience sur le rôle de chacun dans les interactions, il utilise une reformulation systémique. Il souligne les effets circulaires : “Si vous faites cela, il réagit ainsi, et cela vous invite à…”.
Exemples d'outils exploités
Le génogramme
Représentation graphique de l’histoire familiale sur plusieurs générations incluant les liens affectifs, les ruptures, les conflits, les alliances et les répétitions ainsi que les événements marquants (deuils, maladies, secrets…). Son but est de visualiser aisément les héritages familiaux invisibles et les loyautés transgénérationnelles.
Le scuplting (ou sculpture familiale)
Technique expérientielle inventée par Virginia Satir consistant à mettre en scène les positions physiques et émotionnelles des membres du système dans l’espace. Chacun incarne une perception de la relation. L’objectif est de faire émerger des ressentis implicites pour créer un espace de dialogue émotionnel et faciliter la reconfiguration symbolique des relations.
Le recadrage systémique
Intervention réalisée par le thérapeute, brève mais puissante. Il s’utilise pour désamorcer un conflit, mobiliser les ressources du système ou ouvrir de nouvelles pistes de changement. Elle offre une nouvelle lecture d’un comportement ou d’un symptôme. Exemple : au lieu de dire “il est agressif”, le thérapeute dit : “Peut-être essaie-t-il de vous faire réagir, parce qu’il ne se sent plus entendu autrement”.
Les prescriptions paradoxales
Elles consistent à prescrire délibérément le maintien d’un comportement problématique, ou à demander un comportement contraire à celui attendu, dans le but de provoquer une prise de conscience, une sortie de la boucle relationnelle répétitive, ou un changement de posture.
Le questionnement circulaire
Méthode d’interrogation développée par Karl Tomm, psychiatre et thérapeute familial canadien, dans les années 1980, au sein de l’approche systémique. Il s’agit d’un style de questions qui met en lumière les points de vue, les croyances, les émotions, et les interactions entre les membres d’un système, en croisant les perceptions, par exemple “Que penses-tu que X pense de ce que Y ressent ?”.
Travail sur la communication et les alliances
Un malentendu ou un conflit peut rapidement survenir dans un système. Voici comme un thérapeute travaille pour débloquer la communication, en recentrant les alliances et faisant prendre consciences de boucles dysfonctionnelles.
Prenons une famille dans laquelle une adolescente se plaint que sa mère ne lui fait pas jamais confiance. De son côté, celle-ci exprime le fait que sa fille semble toujours sur la défensive. Quant au père, il ne se tient à distance du conflit et intervient peu.
Le thérapeute va pouvoir observer que :
- La mère anticipe sans cesse le comportement de sa fille par inquiétude.
- L’adolescente interprète chaque remarque comme une critique.
- Le père évite le conflit, ce qui renforce la sensation d’isolement de chacun.
Voici par exemple ce qu’il pourrait entreprendre. Par une reformulation, il va expliquer à la mère que ses silences sont interprétés par sa fille comme un manque de confiance. Bien qu’elle pense que ce silence favorise la paix, en fait, il éloigne l’adolescente. Grâce à un recadrage, il lui indique que cette défiance n’est peut-être pas une attaque mais une tentative maladroite d’avoir sa reconnaissance. Il les invitera donc à se formuler l’une à l’autre une demande claire, sans interprétation, durant la semaine à venir. Ce qu’on appelle la prescription de tâches.
À qui s'adresse la thérapie systémique ?
La thérapie systémique s’adresse donc à toutes les personnes qui vivent une difficulté en lien avec leurs relations.
- Des familles confrontées à des tensions ou des crises. Cette thérapie brève est d’ailleurs parfaitement adaptée pour travailler auprès d’enfants et d’adolescents.
- Des couples en difficulté.
- Des personnes seuls mais concernées par une problématique relationnelle.
- Des équipes professionnelles en tension relationnelle.
Elle constitue une approche flexible et adaptée aussi bien au cadre privé qu’au milieu professionnel.
Comment se déroule une séance de thérapie systémique ?
Le premier entretien : comprendre le système et sa dynamique
La première séance en thérapie systémique se place comme un temps d’observation du fonctionnement relationnel du système concerné. Le thérapeute a pour but d’explorer la demande initiale et les interactions en présence.
Les premiers échanges visent à en savoir plus :
- Qui a pris l’initiative de la consultation ?
- Qu’attend chacun de cette rencontre ?
- Qu’est-ce qui fait cette demande arrive maintenant ?
Le thérapeute se place dans l’ici et maintenant :
- Qui répond à qui ?
- Qui interrompt qui ?
- Quels non-dits émergent dans les échanges ?
Ce premier entretien lui permet de repérer les divergences de perception et les jeux d’alliance. Il prend note également de ce que le corps laisse transparaître : la posture de chacun, les échanges de regards… Il se positionne comme un observateur actif, neutre et bienveillant à l’initiative de questions circulaires et de reformulations des échanges pour faire émerger une lecture relationnelle du problème. Ce qui permettra également de poser un cadre de travail :
- Nombre de personnes à impliquer dans les séances,
- Fréquence des rendez-vous,
- Objectifs partagés (même partiellement),
- Hypothèses à tester.
Gardez à l’esprit que chaque accompagnement est unique. Le thérapeute le modèle sur la base de ses observations et des résultats obtenus séance après séance.
Tout ce qu'il faut savoir sur la suite de l'accompagnement
Dans les séances suivantes, le thérapeute conserve une posture stratégique et souple, tout en devenant parfois plus directifs dans ses propositions avec :
- Des recadrages.
- Des tâches à effectuer,
- Des mises en scène des dynamiques à l’œuvre.
Toutes ses techniques amènent à un ajustement des interactions.
Quelle est la fréquence des rendez-vous pour un accompagnement en thérapie systémique ? Le thérapeute s’adapte aux besoins des consultants. Les séances sont généralement espacées de quelques semaines pour laisser au système le temps d’expérimenter de nouveaux fonctionnements, tout en maintenant un cadre structurant.
AHTMA Formation accompagne les praticiens souhaitant se former en thérapie familiale systémique, une approche qui intègre l’ensemble de l’environnement dans lequel évoluent leurs consultants.
Les différents courants systémiques
Approche structurale
Développée par le pédopsychiatre Salvador Minuchin, cette approche porte un grand intérêt aux cycles de vie. Elle considère le symptôme maintenu par la structure en elle-même du système. Ainsi, elle s’intéresse aux règles, aux frontières et à la distance émotionnelle qui le régisse. Le thérapeute structural s’emploie à clarifier et à agir sur ces éléments pour provoquer la disparition du symptôme.
Approche orientée solution
Elle partage une philosophie similaire à l’hypnose ericksonienne. L’orientation solution porte sur les ressources du sujet. Elle se concentre sur les exceptions au problème, plutôt que le problème en lui-même. Le thérapeute amène le consultant à comprendre qu’il dispose des ressources nécessaires pour agir autrement et ainsi, de trouver des solutions à son problème.
Approche stratégique
Elle doit sa création à de nombreux auteurs (G. Bateson, J. Haley, D. Jackson…) et a été beaucoup portée par l’école de Palo Alto. Le praticien dispose d’un rôle particulièrement actif dans cette approche. Sa stratégie va chercher une solution radicalement différente de ce que l’on voit habituellement. Pour se faire, il emploie notamment la prescription de tâches.
Approches générationnelles
Ces courants reposent notamment sur les travaux d’Ivan Boszormenyi-Nagy et Bowen. Le premier développe une approche contextuelle, qui se focalise sur la manière dont un fonctionnement se transmet de génération en génération. Il établit qu’une problématique naît parfois d’un problème de loyauté. Le deuxième est à l’initiative d’une théorie des systèmes familiaux. Il voit la famille comme une unité émotionnelle à accompagner, plutôt que des individus isolés dans ce système.
Approche expérientielle
Virginia Satir et Carl Whitaker sont les principaux porte-paroles de cette approche. Ici, on se focalise sur le vécu du consultant et sur ce qu’il a appris de ces expériences passées. Les émotions disposent d’une grande place dans cette vision. Par exemple, Virginia Satir utilisait un outil systémique appelé « les structures » dans lequel le sujet modélise une situation avec d’autres participants. Chaque partie prenante du système prend la place de l’autre et exprime ce qu’il ressent de la situation. Ce qui permet à chacun de mieux comprendre la réaction ou la perception de l’autre face à une situation.
Courant constructiviste et constructionniste
Le constructivisme postule que chaque individu construit sa propre représentation du monde à partir de son vécu, ses perceptions et son cadre de référence. On considère donc qu’il n’y pas de vérité unique, mais qu’il en existe autant que de points de vue au sein du système. Le constructionnisme va plus loin et affirme que la réalité est la somme des interactions et du langage dans un cadre culturel et relationnel donné. C’est cette approche qui a apporté la mise en œuvre de la reformulation et d’un questionnement circulaire.
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